Le casque : un accessoire qui ne devrait pas en être un

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Enduro, descente, cross country ou all mountain, toutes ces disciplines ont pour dénominateur commun le casque. Mais selon la discipline et les préférences de chacun, les critères de choix varient. Nous avons toutefois dressé le bilan des critères à considérer lors du choix d’un casque.

La certification, seule garantie sur la qualité du casque

giro-feature-2S’il est bien un critère à prendre en compte, c’est la certification du casque. Elle constitue la seule preuve qu’il est bien conçu pour le VTT et sera à même de vous protéger en cas de chute. Les casques de VTT sont concernés par deux certifications : CE (NF) EN 1078 et ASTM F1952-2032.
La première est la norme européenne spécifique aux casques de vélos, skateboard et roller. Elle porte sur la largeur du champ de vision, l’absorption des chocs et le système de maintien. Pour l’obtenir, les casques doivent répondre favorablement à plusieurs tests réalisés en laboratoire après avoir été exposés à des changements de température, aux UV et à l’eau. L’obtention de cette norme est obligatoire pour les casques qui seront vendus en Europe. Elle doit systématiquement être indiquée sur une étiquette située généralement à l’intérieur du casque. Cas spécifique à la France, cette étiquette doit également présenter le nom et l’adresse du fabricant, la taille et le poids, l’année et le mois de fabrication, le modèle et le type de casque.

La norme américaine ASTM F1952-2032 est la seule norme évaluant les casques intégraux pour la pratique du VTT. Les critères d’évaluation sont très proches de ceux de la CE EN 1078, avec toutefois un contrôle de la résistance de la mentonnière.

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Le Bell Super 2R, l’un des modèles avec mentonnière amovible

Lors du choix du casque, pensez donc à vérifier la présence de ces normes. Même si elles sont obligatoires, il arrive encore de trouver des marchands essayant d’écouler de vieux stocks ne répondant plus aux normes ou même des modèles non certifiés.
L’arrivée récente de casques équipés de mentonnières amovibles n’a pour le moment pas entraîné de certifications particulières. Certains comme le Met Parachute répondent à la norme ASTM F1952-2032, mais cette norme n’est pas obligatoire pour participer aux Enduro World Series.

 

 

La ventilation : garder la tête au frais

L'Aérocore permet de faire circuler plus d'air que le polystyrène
L’Aérocore permet de faire circuler plus d’air que le polystyrène

Tous les cyclistes s’accorderont à dire que la ventilation est l’un des critères les plus importants lors du choix d’un casque de VTT. Une bonne ventilation permet de conserver la tête au frais tout au long de la sortie même par grosse chaleur. Elle est d’autant plus importante que la quasi totalité des casques utilisent du polystyrène pour absorber les chocs, un matériau utilisé dans les glacières ou les réfrigérateur comme isolant. La solution consiste donc à créer des aérations dans la coque du casque de manière à permettre à la chaleur de s’échapper et à faire rentrer de l’air frais. Toutefois, le nombre et la taille des aérations doit être calculé précisément, ces dernières fragilisant la coque du casque.
Afin de pouvoir les multiplier sans dangers, certaines marques incluent des matériaux rigides dans le casque afin de solidifier les ponts (espaces entre deux ventilations). POC a ainsi choisi d’équiper certains de ses modèles de renforts en Aramid sur les sections fragiles. Smith, avec le Forefront et l’Overtake a trouvé une autre solution : remplacer le polystyrène par un matériau creux laissant passer l’air sans compromettre l’absorption des chocs. Mais cette solution n’est pour le moment que peu utilisée, le changement de matériaux incluant de nombreux et très onéreux tests.

Les aérations situées à l'arrière cu casque permettent à l'air chaud de s'évacuer lorsque l'on prend de la vitesse
Les aérations situées à l’arrière cu casque permettent à l’air chaud de s’évacuer lorsque l’on prend de la vitesse

Il faut ensuite séparer la ventilation passive et la ventilation active. La ventilation passive utilise les aérations situées sur le haut du casque pour laisser l’air chaud et humide s’évacuer naturellement. La ventilation active utilise des canaux pratiqués dans le polystyrène du casque de manière à conduire l’air frais et sec dans le casque pour chasser l’air chaud et humide par l’arrière. Cette dernière a une importance capitale car plus elle sera performante moins vous aurez besoin de prendre de la vitesse pour ventiler votre casque.

 

Le poids, une guerre quasi séculaire?

Depuis que les courses de cyclisme existent, les coureurs sont en quête du produit le plus léger. Quelques grammes économisés en perçant ses poignées de frein en aluminium ou ses gâchettes de dérailleur.
Cette quête du poids contenu a fini par gagner les accessoires, casques y compris. Et même s’il ne faut pas tomber dans l’excès, il faut avouer qu’un casque léger est plus agréable à porter qu’un modèle plus lourd. Son maintien sera meilleur et les cervicales moins sollicitées. Le gain de poids est obtenu en diminuant au maximum la quantité de matière utilisée, en créant par exemple des aérations. Un casque très léger sera donc bien ventilé mais n’offrira pas toujours la même protection qu’un casque quelques grammes plus lourd.

 

Le confort, une donnée primordiale

Le confort est une donnée subjective, la morphologie du crâne variant d’un individu à l’autre. Lors de la conception d’un casque, les fabricants ont recours à des bases de données répertoriant des milliers de formes de crâne. L’objectif consiste ensuite à faire coïncider la forme du prototype avec le plus grand nombre de morphologies possibles. C’est pourquoi deux personnes peuvent ne pas tomber d’accord sur le confort d’un modèle.

La profondeur du casque est l’autre point ayant une incidence sur le confort. Certaines personnes ayant un crâne plus « haut » que d’autres, les fabricants de casques proposent des modèles plus ou moins profonds pour s’adapter à tous. Un casque bien adapté doit arriver 1 ou 2 cm au dessus des sourcils.

Un casque pas assez profond n'est généralement pas confortable
Un casque pas assez profond n’est généralement pas confortable

 

Bien que cela puisse paraître évident, il faut garder à l’esprit que le choix d’une taille adaptée est obligatoire pour profiter du confort d’un casque. Un casque trop grand flottera et ne se positionnera pas bien sur le crâne. Trop petit, il comprimera le crâne et deviendra douloureux ou bout de quelques minutes. Même si les systèmes de réglage de la taille ont été adoptés par de nombreux fabricants, il reste plus prudent de mesurer son tour de crâne avant d’acheter un casque. A l’aide d’un mètre de couturière ou d’une ficelle, mesurez la circonférence du crâne en passant au dessus des oreilles et des sourcils. Comparez la taille obtenue aux tableaux proposés par les marques et commerçants. Dans le cas où vous tombez entre deux tailles, choisissez celle du dessous. La chaleur et la pression tassent les mousses ce qui engendre un gain de plusieurs millimètres après quelques heures.

 

Encore classé comme accessoire alors qu’il est indispensable, le casque devient un terrain de jeu pour de nombreuses marques. Innovations techniques, formes, couleurs, les fabricants jouent avec les produits pour le plus grand plaisir des futurs acheteurs. Mais ce jeu à un prix, certains casques étant vendus à plus de 300€ alors que les moins chers débutent à 50€. Cet écart de prix s’explique notamment par la volonté des marques à innover. Un simple changement de couleur pour le polystyrène, comme l’a fait POC en choisissant du blanc, nécessite l’obtention d’une nouvelle certification. D’autres éléments, comme MIPS (système de coque interne permettant au casque de bouger autour du crâne pour absorber les chocs obliques) ou l’Aerocore choisi par Smith doivent être achetés par les marques. Ce surcoût se traduit ensuite par une hausse du prix pour les clients finaux.
Le prix n’est donc pas forcément une preuve de qualité mais d’innovation, tendance qui se confirme avec Smith, Poc ou Troy Lee Designs. Mais au fond, que recherchent les VTT-tistes, un casque qui répond à leurs besoins et protège en cas de chute ou un modèle qui change la donne ? Et à cette question, seul l’avenir a une réponse.

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